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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 13:14
Les faits

Deux personnes ont été interpellées dimanche et placées en garde à vue après qu'un Afghan a été tué et un de ses compatriotes grièvement blessé à coups de couteau au cours d'une rixe, a-t-on appris lundi de source proche de l'enquête.

Dimanche en fin de matinée, une bagarre a opposé plusieurs exilés afghans square Villemin à Paris (Xe), au cours de laquelle un homme âgé de 26 ans est mort après avoir reçu plusieurs coups de couteau au thorax, un autre, âgé de 18 ans, ayant été grièvement blessé à l'abdomen. Ce dernier a été conduit dans un état grave à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Les policiers de la 2e division de police judiciaire (2e DPJ) en charge de l'enquête ont interpellés deux Afghans, âgés de 27 et 17 ans, qui ont été placés en garde à vue et s'y trouvaient toujours lundi matin, selon la source.

Au coeur de Paris, le square Villemin, un jardin public, est devenu chaque nuit l'ultime refuge pour des dizaines d'exilés afghans, parfois des enfants.

Selon l'AFP

Le contexte


Selon le Collectif de soutien des exilés du 10ème arrondissement de Paris


rue des vinaigriers - la rue des artisans, createurs, artistes(...) Parions que de « belles âmes » ne manqueront pas de trouver dans ces nouveaux drames une raison supplémentaire d’affirmer l’urgence d’une lutte renforcée contre l’immigration. Les 4 000 victimes civiles de la guerre en Afghanistan au cours de l’année 2008 sont suffisamment éloignées de leurs yeux pour qu’elles leur paraissent négligeables. Pourtant, il n’y a aucun doute sur le fait que, si les milliers d’exilés afghans, érythréens, irakiens, soudanais, etc. étaient restés chez eux, un bien plus grand nombre d’entre eux seraient morts, blessés ou emprisonnés. C’est bien pourquoi ils viennent en Europe.


Ce sont les conditions d’accueil et de (sur)vie que l’Europe et la France imposent aux exilés à Paris et ailleurs qui conduisent à des tensions qui peuvent expliquer les accidents tragiques. Il y a quelques semaines, c’était un bébé irakien qui mourait à la naissance dans une « jungle » à Grande-Synthe dans le Nord.


Les exilés fuient persécutions et guerres. Ils espèrent pouvoir construire en Europe un avenir qu’ils n’ont aucune chance de bâtir dans leurs pays d’origine.

Mais beaucoup de ces exilés, ayant eu leurs empreintes enregistrées en Grèce avant d’arriver en France n’ont aucune possibilité de demander l’asile dans un autre pays d’Europe. Ils errent donc désespérés en clandestins contraints de pays en pays. D’autres, arrêtés par la police, notamment chaque semaine dans le parc Villemin, ne disposeront ni de logements ni d’allocations durant toute la procédure de demande d’asile. Ils devront donc dormir dehors.


A Paris, alors que des places sont disponibles dans les centres d’hébergement d’urgence, notamment à La Boulangerie dans le 18ème, des dizaines d’exilés sont laissés à la rue et doivent dormir dans les rues du 10ème arrondissement. Ils étaient plus de 80 samedi soir, à la veille du drame de la Gare de l’Est, dont six mineurs âges de 14 à 17 ans.

De plus, aucune structure d’accueil de jour adaptée n’existe, forçant majeurs comme mineurs à passer leurs journées dans les rues ou dans le parc Villemin.

Une situation absolument parfaite pour créer des tensions qui, pour la première fois à Paris, ont entraîné la mort d’un exilé.

 

 

Les réactions

 

 

La Mairie de Paris


Depuis la fermeture du centre de Sangatte fin 2002, de nombreux exilés séjournent dans des conditions indignes aux abords de la gare de l’Est et dans les jardins du 10e arrondissement.

 

Bertrand Delanoë a régulièrement interpellé le gouvernement sur cette situation dramatique et sur l’insuffisance de places d’hébergement à Paris et dans la région parisienne.

 

La mairie de Paris, en liaison avec la mairie du 10e, a mis en place des dispositifs pour informer et orienter les exilés, en partenariat avec Emmaüs et France Terre d’Asile, et a augmenté le nombre de places d’accueil pour les mineurs au titre de sa compétence en matière d’aide sociale à l’enfance (ASE).

 

La rixe qui a entraîné la mort tragique d’un homme aujourd’hui ne fait que confirmer la nécessité absolue que le gouvernement se saisisse enfin de la situation, afin que ces personnes soient prises en charge et hébergées dans des conditions humaines et respectueuses.

Le Maire du 10ème

Paris, le 9 septembre 2008

Madame, Monsieur,

Depuis la fermeture du centre de la Croix-Rouge de Sangatte en 2002, les rues et squares du 10e arrondissement sont devenus le lieu d’accueil de migrants d’origine afghane, irakienne, iranienne ou kurde.

Ces exilés sont aujourd’hui de plus en plus nombreux et leurs conditions de vie sont insupportables et l’Etat, à qui revient leur prise en charge, n’assume pas ses responsabilités, malgré de multiples interpellations des habitants, des élus du 10e et du Maire de Paris, Bertrand Delanoë.

Soucieux d’alerter une nouvelle fois le gouvernement sur l’urgence et la gravité de la situation, notre député Tony Dreyfus et moi-même avons été reçus par Christine Boutin, Ministre du Logement et de la Ville, le 1er septembre dernier. La demande que nous lui avons faite de places supplémentaires d’hébergement pour les exilés s’est malheureusement vu opposer une fin de non-recevoir.

Pourtant, aujourd’hui, notamment avenue de Verdun, place Raoul Follereau et dans le jardin Villemin, la présence de plus en plus importante des exilés a atteint des proportions inquiétantes, engendrant des désagréments inacceptables pour les riverains que vous êtes.

La municipalité ne reste pas inactive face au désengagement de l’Etat. Des dispositifs d’aide et de soutien, en collaboration avec les associations, ont été mis en place afin de faire face à cette situation très difficile.

Même si elles ne peuvent prendre en charge seules une question qui relève de la compétence de l’Etat, la Ville de Paris et la Mairie du 10e vont continuer à chercher des solutions humanitaires. Un lieu d’accueil et d’orientation, entièrement financé par la Ville et géré par Emmaüs, ouvrira très prochainement. Son rôle sera d’informer et d’orienter les exilés, qui pourront y trouver un soutien sanitaire et social et se voir dirigés vers des structures d’hébergement. Parallèlement, au sein de ce « kiosque », l’association France Terre d’Asile les informera sur leurs droits.

Il ne s’agit pas pour nous de favoriser l’arrivée de nouveaux migrants – prétexte invoqué par le gouvernement pour ne pas créer de places d’hébergement supplémentaires – mais d’apporter des solutions à une réalité que nous déplorons maintenant depuis plusieurs années.

Au vu de la situation actuelle de l’Afghanistan, il est peu probable que le flux d’exilés passant par le 10e arrondissement soit amené à diminuer dans un avenir proche. Il est donc nécessaire que le gouvernement prenne enfin ses responsabilités, pour démanteler les réseaux de passeurs évidemment,  mais aussi pour offrir des hébergements en nombre suffisant aux exilés qui vivent dans nos quartiers.

Conscient de la difficulté de la situation, je tiens à vous assurer de ma détermination à trouver des solutions durables et à mobiliser l’ensemble des acteurs concernés.

Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, en l’assurance de mes sentiments dévoués.


Rémi FERAUD

 


Sangatte à Paris

rue des vinaigriers - la rue des artisans, createurs, artistesPrimo, les Afghans et autres Irakiens ne sont pas des “migrants clandestins” mais très souvent des personnes venant de pays en guerre qui demandent l’asile au pays (au continent) des Droits de l’homme.


Secundo, que les filières prospèrent quand la répression s’accroît et que les frontières se referment.


Tertio, si les Afghans sont désormais si nombreux dans le 10e arrondissement de Paris, c’est qu’ils ne font peut-être pas que transiter !


Nous vous invitons à lire/suivre le blog Sangatte à Paris de cette journaliste qui habite le quartier du Canal Saint-Martin depuis dix ans





Les appels au rassemblement


Plus d'une quarantaine d'associations appellent à des rassemblements mercredi devant les préfectures et les palais de justice pour se constituer symboliquement "prisonnier" afin de dénoncer les poursuites judiciaires et tracasseries policières visant des militants associatifs aidant des sans-papiers.

Parmi ces organisations figurent notamment Emmaüs, le Secours catholique, la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS), la Fédération entraide protestante (FEP), la Cimade ou le Réseau éducation sans frontières (RESF).


"Le principe, c'est de dire: si la solidarité devient un délit, alors nous nous constituons prisonniers pour ce délit", a expliqué à l'AP Sandrine Witeska, porte-parole d'Emmaüs France. "On n'est pas des passeurs! Les actions qu'on mène, ce sont des actions en direction de personnes en difficulté", a-t-elle souligné, précisant que des rassemblements sont prévus dans plus de 80 villes, notamment Bordeaux, Lyon Lille, Marseille, Rennes ou Strasbourg. La manifestation parisienne aura lieu mercredi à 13h place Saint-Michel.

Dans leur communiqué commun, les associations rappellent que l'article L622-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipule que "toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d'un étranger en France sera puni d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 30.000 euros".


"On a remis en lumière les objectifs fixés dans le projet de loi de finances de (...) 5.500 interpellations d'aidants pour 2011", estime Mme Witeska, ajoutant que "plus de 7.000 personnes se sont déjà inscrites" pour participer au mouvement. "Ce qu'on demande, c'est de préciser la loi, pour que ce ne soit pas la porte ouverte à des interpellations et des gardes à vue de simples militants et bénévoles".


Dans le cadre de leur mobilisation, les associations ont aussi rédigé une proposition de loi. Ce texte aura pour objet de "réaffirmer le principe de l'accueil inconditionnel dans les structures associatives susceptibles d'accueillir des migrants", de "dépénaliser les 'aidants'" et d'"interdire les interpellations de personnes en situation irrégulière dans les lieux d'accompagnement et d'accès aux droits".


Le parti socialiste, qui comme les Verts notamment, a apporté son soutien à la mobilisation et annoncé que les députés présenterait une proposition de loi visant à dépénaliser toute aide au séjour ne faisant pas l'objet d'un commerce et dont l'objet est de préserver l'intégrité et la dignité de la personne humaine. Elle sera débattue le 30 avril à l'Assemblée nationale, selon un communiqué du PS.


Cette mobilisation intervient alors que deux migrants sont morts en France ce week-end. Un Afghan est décédé lors d'une bagarre entre clandestins dimanche matin dans le square Villemin, dans le Xe arrondissement de Paris, devenu le refuge de plusieurs dizaines de réfugiés afghans en transit vers l'Angleterre. Par ailleurs, un homme, probablement un clandestin selon la préfecture du Nord-Pas-de-Calais, a été découvert mort dimanche vers 3h du matin dans le tunnel sous la Manche par des techniciens de maintenance. AP



Mercredi 8 avril, dans plusieurs dizaines de villes en France, des milliers de personnes se rendront devant les palais de justice pour se constituer prisonniers. A Bordeaux, le rassemblement aura lieu à 13 heures, sur le parvis des droits de l'homme. A l'appel de nombreuses associations (Emmaüs France, RESF, Fédération de l'Entraide Protestante, du Secours Catholique, de la Cimade, du Comede, du Gisti...), ils vont dénoncer la criminalisation de la solidarité.


Aider les personnes en situation irrégulière peut aujourd'hui coûter cher. On se souvient par exemple de cette femme de 59 ans, bénévole aux Restos du coeur, interpellée le 18 février pour avoir simplement permis à des sans-papiers de recharger leur téléphone portable... En effet, en France, c'est désormais un délit d'accueillir, d'accompagner, ou seulement d'aider une personne en situation irrégulière. Interpellés les « aidants » tombent sous le coup de l'article 6.222-1 du Code relatif à l'entrée, au séjour et au droit d'asile, qui punit de cinq ans d'emprisonnement et d'une amende de 30 000 euros l'aide à l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers. Les exemples se multiplient. Le 19 mars, André Barthélemy, membre de la Commission nationale consultative des droits de l'homme et président de l'ONG lyonnaise Agir ensemble pour les droits de l'homme ( AEG) a été condamné à 1 500 euros d'amende pour avoir protesté contre l'expulsion de deux sans papiers à bord d'un vol d'Air France Paris-Brazzaville, en avril 2008.


L'Etat veut interpeller 5 000 aidants en 2009...


Selon la loi de finances 2009, l'objectif du gouvernement est d'interpeller 5 000 aidants cette année. Pour protester, des associations appellent donc à manifester mercredi devant les tribunaux et à se constituer prisonniers. « Nous sommes 5 500 citoyens décidés à rester des aidants ! Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit ! », peut-on lire dans un communiqué de l'Asti, l'Association de Soutien aux Travailleurs Immigrés.


Le film Welcome remet la question des sans-papiers à l'ordre du jour


Un débat, qu'a ravivé "Welcome", le dernier film de Philippe Lioret. Il met en scène un maître nageur français aux prises avec les autorités en raison de l'aide qu'il a offerte à un sans-papiers irakien. Son réalisateur, Philippe Lioret, a fait bondir le ministre de l'Immigration, Éric Besson, en suggérant qu'il y a un parallèle à faire entre les «mécanismes répressifs» mis en place contre les immigrés illégaux et ceux auxquels étaient soumis les Juifs à l'époque du régime de Vichy. Le parti socialiste, en écho au film, a annoncé son intention de présenter un projet de loi contre le "délit de solidarité", qui ferait en sorte qu'il serait impossible de poursuivre en justice une personne venue en aide à un sans-papiers pour des raisons humanitaires. De son côté, Éric Besson affirme que l'article de loi, au coeur de la polémique, est essentiel pour permettre la poursuite des passeurs et qu'il n'a pratiquement jamais été appliqué contre des citoyens français.

Aqui - Nicolas César

 



La presse


La mort au bout de l’exil
Asile . Un réfugié afghan est mort et un autre a été blessé après une bagarre square Villemin à Paris. Le corps d’un sans-papiers découvert dans le tunnel sous la Manche.

Drame de la misère, de l’isolement, du déracinement, un Afghan est mort et un autre a été gravement blessé lors d’une bagarre entre plusieurs hommes hier en fin de matinée dans le square Villemin, à Paris (10e arrondissement). Au coeur de Paris, ce jardin public est devenu chaque nuit l’ultime refuge pour des dizaines d’exilés afghans, y compris des enfants. Après la fermeture en 2002 du centre de Sangatte (Pas-de-Calais), des migrants somaliens, kurdes, irakiens ou afghans, toujours plus nombreux, se sont éparpillés dans le pays, dans des conditions de grande précarité. À Paris, ils sont passés d’une dizaine à plus de 300 Afghans à errer autour de ce jardin, près du canal Saint-Martin.


À la nuit tombée, ils escaladent les murs et les grilles du square et s’abritent à l’aide de cartons sous les toboggans, entre les jeux d’enfants. Ils forment des abris de fortune, avec de simples cartons pour résister à l’humidité. Ils ont les poches vides, après avoir dépensé jusqu’à 15 000 euros en passeurs pour traverser l’Iran, la Turquie, la Grèce et l’Italie et avoir subi humiliations et brutalités policières.


« Ils sont de plus en plus nombreux et de plus en plus jeunes », constate Dominique Bordin, directeur de la protection des mineurs isolés de l’organisation France Terre d’Asile (FTDA) qui a répertorié 683 mineurs étrangers isolés en 2008 à Paris, contre 480 en 2007. Au point qu’il n’est plus possible d’abriter les dizaines de mineurs présents. « Je ne peux en prendre que 28, regrette Dominique Bordin, entouré de gamins dont certains n’ont que douze ans. On a demandé des places supplémentaires mais on nous a dit : pas de nouveau Sangatte à Paris. »

Nombreux sont ceux qui vont rester des mois voire des années « dans les couloirs de l’asile ». Ils reprendront la route pour le Danemark, la Norvège ou la Suède, mais visent de moins en moins l’Angleterre, devenue difficilement accessible. Preuve s’il en était besoin, un sans-papiers, probablement tombé d’un camion, a été découvert mort hier dans le tunnel sous la Manche par des techniciens de maintenance. L’homme, qui n’avait pas de papiers sur lui, n’a pas encore pu être identifié, a informé le parquet de Boulogne-sur-Mer.


L'Humanité - D. S.


Des nuits côté jardin pour les migrants

 

rue des vinaigriers - la rue des artisans, createurs, artistesIls sont environ trois cents, presque tous afghans et très jeunes, à franchir chaque nuit les grilles du square Villemin, près de la gare de l'Est (10e), pour dormir sur la pelouse, sous les toboggans ou à l'abri d'un arbuste. Dimanche matin, l'un de ces exilés est mort au cours d'une bagarre. Deux personnes ont été placées en garde à vue. « Il y a parfois des rixes, mais ils sont dans l'ensemble très pacifiques, commente Rémi Féraud, le maire (PS) du 10e.

 

Ce drame s'explique sans doute par la grande précarité dans laquelle ils vivent. » Tandis que Nawroz, 19 ans, montre un sac-poubelle caché derrière les grilles - « Je cache mes affaires ici pendant la journéeMoi, j'ai de la chance, on me prête une chambre. Mais eux, tous les soirs, ils viennent dormir ici, après avoir passé la journée à traîner dans le quartier. Ils vivent comme des hommes de la jungle, sans se laver. Et souvent, la police les chasse. » » -, Haib, 24 ans, commence à raconter, dans un anglais hésitant, le quotidien de ses compatriotes : «

 

Le jeune homme au regard sombre, arrivé il y a quelques mois, s'anime à l'évocation du film Welcome, qui raconte l'histoire d'un réfugié kurde à Calais. « Je l'ai vu, c'est un bon film. Mais j'ai vécu encore pire. » Aujourd'hui, il apprend le français et espère rester à Paris, « parce qu'en Angleterre, on risque plus d'être renvoyés chez nous ». Said partage le même rêve. Assis près d'un buisson, ce grand garçon de 23 ans feuillette un classeur dans lequel il a soigneusement rangé tous les papiers de la préfecture de police. Un courrier daté de fin mars lui signifie son « obligation de quitter le territoire ». Comme les autres réfugiés de Villemin, il a pourtant bien l'intention de rester

 

20 minutes - Lise Martin

Avec les exilés Afghans du square Villemin, à Paris

 

Plus d’une centaine de personnes, membres d'associations de défense des immigrés, militants communistes, élus, citoyens, ont répondu lundi 6 avril à l’appel du Collectif de soutien des exilés du 10ème arrondissement de Paris. Le rendez-vous avait été fixé à 18 heures 30, devant le square Villemin, pour dénoncer la grande précarité des migrants en errance autour de la gare de l’Est.



Ce rassemblement silencieux est une réaction aux deux drames survenus la veille : un demandeur d’asile afghan de 26 ans, est mort poignardé à la suite d’une bagarre dans le square Villemin où il résidait. Par ailleurs, un migrant a été retrouvé mort à trois heures du matin dans le tunnel sous la Manche. Pour le collectif, ces incidents s’expliquent sans nul doute par les conditions de vie "indignes" des exilés, et sont une raison supplémentaire d’affirmer l’urgence de mettre à leur disposition des moyens d’accueil et d’hébergement.

 

ILS ERRENT EN CLANDESTINS DE PAYS EN PAYS


Depuis la fermeture du centre d’hébergement de Sangatte en 2002, l’afflux des réfugiés en provenance notamment d’Afghanistan, d’Irak, d’Erythrée et du Soudan n’a pas tari, bien au contraire. Certains rejoignent ainsi Paris. Dans la capitale, ces migrants séjournent aux abords de la gare de l’Est et dans les jardins du 10ème arrondissement, devenus leur ultime refuge. Ils sont Afghans pour la plupart, 300 en moyenne selon le Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés). Beaucoup d’entre eux errent en clandestins de pays en pays, faute de pouvoir demander l’asile ailleurs qu’en Grèce, premier pays où ils ont fait l’objet d’une prise d’empreintes digitales, conformément aux règles européennes. Pour d’autres, la France est le premier pays d’arrivée, et ils y ont déposé une demande d’asile. Mais dans les deux cas, "ils sont à la rue, sans autorisation de séjour, sans allocation, sous la pression de la police et sous la menace d’une reconduite à la frontière", explique Jean-Pierre Alaux, chargé d’étude au Gisti.



Un des Afghans présents au rassemblement du 6 avril, qui a gardé l’anonymat, a bien voulu témoigner, dans un français encore timide : dans son pays, il était journaliste radio. Il raconte qu’il y a deux ans, une bombe est tombée sur sa maison, tuant sa femme et ses deux fils. Il a pris la route de l’exil, seul et à pied, pour atteindre la France. Il n’a pas le statut de réfugié, car il n’en a pas fait la demande : "A quoi ça sert ? C’est perdu d’avance", explique-t-il. "Ici, il n’y a pas de place pour dormir, pour travailler, pour vivre". Il compte partir en Angleterre, où sont installés des membres de sa famille.

"VICTIMES D’UNE POLITIQUE DE MÉPRIS"

 

Dans le quartier du square Villemin, les habitants sont plutôt solidaires. "Je suis venue tendre la mains aux exilés, car ça me fait mal de penser à ces pauvres gens qui ont vécu des parcours douloureux", explique Monique Nolleau, une habitante du 10ème arrondissement. "Et le pire, c’est qu’on ne peut rien faire pour eux !" Plus généralement, c’est la politique d’immigration du gouvernement qui a été montrée du doigt lors du rassemblement. "Dans ce jardin sont installés des citoyens transitoires de notre arrondissement", a déclaré Alain Lhostis, conseiller PCF de Paris, pour qui  "ils sont victimes d’une politique de mépris, répressive, qui consiste à fermer les portes de l’Europe de l’ouest". "Welcome, c’est ici, en bas de chez nous, tous les jours", s’est exclamé Eric Chopard, militant NPA de l’arrondissement, en référence au dernier film de Philippe Lioret.

Le ministre de l’immigration Eric Besson a rappelé dans un communiqué paru lundi que "toute ouverture de centre permanent d’hébergement des étrangers en situation irrégulière était exclue". M. Besson a par ailleurs annoncé une amplification de la lutte contre les filières d’immigration irrégulière, ainsi que le maintien d’un "haut niveau de contrôle" sur le secteur du square Villemin.

 

Le Monde - Aurélie Collas

 

 

Du côté de la présidence de la République

Evoquant le "contexte actuel de l'emploi", le président de la République Nicolas Sarkozy demande au ministre de l'Immigration Eric Besson d'écarter "fermement" "toute perspective d'une relance globale, massive et indifférenciée de l'immigration de travail".

Dans la lettre de mission qu'il a lui adressée le 31 mars et communiquée aujourd'hui à la presse, Nicolas Sarkozy demande à son ministre de "renforcer la lutte contre l'immigration irrégulière". Mais alors qu'il souhaitait lors de la campagne présidentielle passer à "une immigration de travail plutôt que familiale", le chef de l'Etat veut désormais encadrer de très près le recours à l'immigration de travail.

"Dans le contexte actuel de l'emploi et compte tenu d'un taux de chômage de 22,2% des étrangers non communautaires d'après l'INSEE, toute perspective d'une relance globale, massive et indifférenciée de l'immigration de travail doit être fermement écartée", écrit le chef de l'Etat. Pour lui, "la priorité absolue doit aller au retour à l'emploi des personnes qui en sont privées en France".

La France ne doit accepter l'arrivée de nouveaux immigrants "de travail" que s'ils occupent un poste dans un secteur touché par une pénurie structurelle ou s'il est "avéré" que la personne en question contribuera "au dynamisme et à la création d'emploi dans notre pays", ajoute le président.

Pour le reste, les régularisations doivent demeurer "exceptionnelles" et il convient de renforcer la lutte contre l'immigration irrégulière.
Eric Besson devra s'efforcer de renvoyer cette année 27.000 étrangers dans leur pays d'origine (contre plus de 29.000 l'an dernier), en accentuant les retours volontaires, qui représentaient les deux-tiers des reconduites à la frontière en 2008.

Par ailleurs, le président de la République exige "une impulsion nouvelle à la répression des filière d'immigration clandestine" et demande que 5.000 interpellations soient réalisées contre des "passeurs" et des "exploitants de l'immigration".

Des associations affirment que cette pression se traduit par tracasseries policières et des poursuites judiciaires à l'encontre des militants associatifs aidant des sans-papiers. Emmenées par Emmaüs, le Secours catholique, la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS), la Cimade ou le Réseau éducation sans frontières (RESF), une quarantaine d'associations appellent à des rassemblements mercredi devant les préfectures et les palais de justice pour se constituer symboliquement "prisonnier" en signe de protestation


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LE MANOIR HANTE - Sensations - 18 rue de Paradis, 75010 Paris 

 

LA BIDOUILLE - commerce équitable & ateliers pour enfants - 13 rue des Récollets, 75010 Paris

  

POTERIE ET COMPAGNIE - céramique à la vente et animation - 3 cité Riverain, 75010 Paris


BOB'S JUICE BAR - bar bio et végétarien -15 rue Lucien Sampaix, 75010 Paris

 

PETITS PLIS - Bijoux Origami - Rue des Recollets, 75010 Paris

 

LE TAMANOIR EST BLANC - Pâtissier-traiteur - 71 rue du Fb St Martin, 75010 Paris


YAZOUE - Coiffure « studio » à domicile - 75010 Paris


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