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Ci-dessous


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Des précisions peuvent y aparaître au fil des jours

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Le dossier de presse
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Le peuple Huichol


Peuple habitant dans la Sierra de Nayarit, au nord de l'état de Jalisco (Mexique), les Huicholes se rattachent linguistiquement,  au groupe uto-aztèque (en 1990, on comptait 19 000 personnes parlant la langue des Huichol).

Mais leur origine reste incertaine : peut-être sont-ils venus du nord à une époque qui remonterait bien avant la conquête ?

Représentant actuellement le niveau culturel des Aztèques avant la fondation de Mexico, cette population présente un intérêt tout particulier. À l'arrivée des Espagnols, les Huicholes luttèrent longtemps pour conserver leur indépendance.

Ils cultivent le maïs, la courge et les haricots. Sur la terre communale défrichée, chacun choisit sa parcelle, qu'il travaille jusqu'à épuisement du sol. Les rancherías, petits hameaux, constituent le groupe de base de la société, et dépendent, dans chaque district, d'un gros village, centre administratif et religieux.

Les Indiens vivent dans les rancherías pendant la saison humide qui est la saison des cultures ; pendant la saison sèche, ils se groupent dans le village central, dans des maisons de pierre aux toits de palmes qui ne comportent qu'une seule pièce.

La religion huichol est un polythéisme ; chaque phénomène naturel est déifié et expliqué par la division entre sec et humide, division dont on retrouve le reflet dans toutes les activités du groupe. Christianisés au XVIIe siècle, les Huicholes n'avaient plus ni prêtres ni églises au XIXe. Une assimilation d'éléments chrétiens s'est néanmoins opérée, et les Santos ont pris place dans le panthéon.

L'association religieuse Cerf-Maïs-Peyotl donne un sens au complexe cérémoniel le plus important que célèbrent les Huichol : une fois par an, les hommes vont chercher, dans la région de San Luis Potosí, le cactus sacré, le peyotl, qui pousse sur les traces que le premier cerf, Jiculi, a laissées en s'enfuyant. Le pèlerinage du peyotl demande un état de pureté absolu, et le retour des peyotleros est marqué par des fêtes et tout un processus de désacralisation.

Le costume porté à cette occasion est chargé de signification, et chaque ornement a un sens symbolique. Les Huicholes ont gardé un genre de vie très traditionnel qui apparaît clairement dans leur costume, richement décoré de broderies au point de croix.

À la demande des marchands de Mexico et des grandes villes ils réalisent un nouveau type d'objets, comme les tableaux en fils de laine ou coton, inspirés des objets votifs que les Huicholes déposaient naguère dans les grottes, en offrande à leurs dieux.



Source : Encyclopaedia Universalis
Auteur : Anne Fardoulis


L'art Huichol chargé de symbolisme

Don Matsiwa Mijarez est un « homme de connaissance » huichol (c'est ainsi qu'il est désigné en langue espagnole) et son épouse Doña Amalia est guérisseuse.

Chaque année pendant plus de quarante ans, ils ont accompli, tous les deux, puis accompagnés de leurs fils et petits-fils, le pèlerinage jusqu'au désert sacré où pousse le peyotl-Hikuri, honorant leur tradition, qui vénère le Père-Soleil, la Terre-Mère, le Grand-Père Feu, et le Frère Hikuri.

Doña Amalia la guérisseuse, chante durant la cérémonie - tout un jour et toute une nuit - dans sa langue maternelle. Don Matsiwa traduit les passes magiques au cercle d'apprentis, et partage son savoir à travers son art.

Car au désert, Don Matsiwa a reçu plusieurs visions très précises qu'il a traduites exactement en tableaux d'estambre (fils de coton) et en sculptures de perles (chakiras).

Ces œuvres, qui racontent la genèse du monde, interprètent les lois cosmiques et symbolisent la hiérarchie de leurs esprits, doivent agir sur le spectateur à la manière des manadalas tibétains : comme un miroir des structures énergétiques du corps.

La science de Don Matsiwa est dans son art, et il sait l'expliquer avec profondeur, humour, et humilité.





L'origine des Huicholes

 


L’origine des Huicholes est incertaine, bien que des hypothèses aient été élaborées, basées sur des éléments linguistiques, mythologiques et archéologiques.

Il est probable que les Huicholes descendent de différents groupes qui furent chassés dans la Sierra Madre Occidental.

Il est probable que quelques uns de ces groupes soient des tribus qui appartenaient à la famille uto-azteca et qui ont fui le pouvoir d’un empereur mésoaméricain, dans la Sierra, où ils ont alors rencontré d’autres groupes déjà établis sur ce territoire.

Il est possible que dans les ascendants des Huichols il y ait quelques tribus teochichimecas (indiens du Nord).

Il est aussi possible que des groupes des terres basses de la côte se soient mélangés avec les ancêtres Huichols à différentes époques. Apparemment, les ancêtres des Huichols ont maintenu une vie indépendante des grands empires.

Au moment de la Conquête, beaucoup de survivants des troupes espagnoles qui envahirent la zone, ont fui dans la Sierra. Cette dernière, par son accès difficile, ne fut pas conquise. Ses alentours se sont peuplés durant la dernière décennie du XVI ème siècle et au début du XVII ème siècle.

Les villages de Colotlán, Mezquitic, Huajimic, Huejuquilla et Tenzompa ont été fondés par les espagnols comme frontières pour délimiter le territoire conquis.

La période de l’Indépendance a été la scène de nombreuses récupérations des terres suite aux lois de desamortización.

En 1887, le gouvernement de Porfirio Diaz a tenté à nouveau de délimiter les terres, ce qui a provoqué des affrontements entre les communautés elles-mêmes.

La Révolution apporta une période de violence dans la Sierra, qui a vu les avancées de différents groupes armés. Bien que les Huicholes ne se soient alliés à aucune bande en particulier, la situation est devenue chaotique.

La guerre cristera marque une autre période de violence dans la zone.

Actuellement les Huicholes continuent de défendre leurs terres des abus et invasions des métisses (de sang indien mêlé a du sang espagnol, soit la majorité des mexicains) ou d’autres indigènes de la Sierra qui exercent une constante pression pour profiter des ressources de leur terre.



Les tableaux en fil de coton



tableaux en perles et autres formes d'artisanat





Les tribus du Panama :
kunas, Ngobe-Bugle, Emberas et Wounaan


Le Panama est un petit état qui réunit le nord et le sud du continent américain, d'où son appellation « Pont du Monde et Cœur de l'Univers ». En effet, beaucoup de gens, venus du monde entier, l'ont traversé.

Parmi sa population de 3 millions d'habitants, il y a 200 000 indigènes divisés en 7 groupes  les Ngobe-Bugle, (Guaymies), Kunas, Embera & Wounaan (du groupe de Chocoes), Teribes, Bokotas et Bribris.

Le pays compte 5 territoires autonomes indigènes (Cemaco, Wargandí, Madungandí, Kuna Yala, Ngobe Bugle) établis tout le long de l'isthme, provinces aux paysages uniques et regorgeant de richesses. Les trois ethnies indigènes les plus présentes sont :

Les kunas

Cette ethnie compte environ 60 000 personnes qui vivent sur l'archipel de Kuna Yala ainsi que dans la capitale. Sans aucun doute un des plus beaux endroits du Panama avec les 350 îles qui forment l'archipel.

L'artisanat: les Molas conçues par les femmes Kunas sont d'une incroyable précision et leur permet grâce à la vente aux touristes d'obtenir un revenu économique non négligeable. L'anthropologue français Michel Perrin est un des meilleurs spécialistes de cette ethnie.
 
Les Ngobe-Bugle

Le groupe indigène le plus important du Panama avec plus de 150 000 personnes. Leur territoire s'étend de la côte Caraïbe jusqu'à Veraguas en passant par Bocas del Toro. Les Ngobe-Bugle sont également connus sous le nom de Guaymie et se distinguent par leurs vêtements et colliers colorés. Isolée des grandes villes, cette ethnie vit dans une extrême pauvreté. L'anthropologue française Francoise Guionneau-Sinclair a étudié leurs traditions en détail.

Les Emberas et les Wounaan

Ce sont deux ethnies provenant de la province colombienne de Choco avec une population de 30 000 personnes réparties entre la jungle du Darién jusqu'aux rives du fleuve Chagres qui alimente le canal de Panama. Les Emberas et Wounaan vivent de la pêche, de la chasse ainsi que de la cueillette de fruits et autres plantes comestibles. Leur artisanat est particulièrement apprécié pour sa finesse, avec la sculpture de l'ivoire végétal, la tagua et le tissage de panier, à base de fibres de palmiers.

Toute la richesse ethnique du Panama se reflète dans la variété de son artisanat. Jusqu'à ce que le pays s'ouvre au tourisme, l'artisanat avait un caractère bien plus fonctionnel que décoratif.

Aujourd'hui, de nombreuses familles d'artisans se lancent dans la création artistique, en exerçant un art qu'elles maitrisent totalement et qui en constitue souvent leur unique source de revenus.


Un art inspiré par la faune et la flore

La Mola

C’est parmi les arts indigènes du Panama le produit le plus connu, car vendu dans le monde entier !

Les molas appartiennent à la tradition vestimentaire du groupe Kuna et désignent une blouse en langue Kuna. Les femmes de cette ethnie la portent sur une robe traditionnelle, avec une jupe de coton imprimé enroulée autour de la taille, un foulard rouge et jaune sur la tête, leurs mollets et leurs avant-bras ornés de perles de verre, un anneau d'or nasal et boucles d'oreille d'or.

Les molas, faites à la main, sont cousues à l'avant et au dos du corsage. Le vêtement devient ainsi une véritable œuvre d'art folklorique.

Les femmes Kuna utilisent une technique « d'appliqué inversé » ainsi qu'une fine broderie pour faire les panneaux qui ornent les molas.

Ces panneaux décoratifs sont faits de plusieurs couches de coton polychrome, qui forment des figures de la nature (animaux, fleurs, symboles ethniques) et d'autres objets de leur culture et de leur vie quotidienne (ustensiles de cuisines, instruments musicaux et autres). Les molas mesurent environ 30x40.

Taguas (Ivoire végétale)

Un vaste choix de produits d'artisanat indigène fabriqués soigneusement par les peuples du Panama, les Emberas et les Wounaan qui sont des groupes indigènes habitant dans le Darién au sud-est du pays.

Les Taguas sont des graines de l'arbre Tagua. La Tagua est aussi connue comme l'ivoire végétal. Ces graines sont sculptées en figurines représentant la faune et la flore du pays.

Vannerie


Les femmes des tribus Embera et Wounaan fabriquent, avec les fibres des plantes du Darién : les plantes Nahuala et les palmiers Chunga, corbeilles et plateaux d'une rare élégance.
Chaque pièce est un modèle unique. Traditionnellement, les dessins sont inspirés par les traditions et les croyances religieuses.

Chacaras

Une Chacara est un sac, fait à la main par les femmes Ngobe-Bugle.
Ce groupe indigène habite les hauts plateaux du nord-ouest de Panama.


Les principales dates de l'histoire du Panama

 

 

21 novembre 1821

 

Le Panama obtient son indépendance en faisant partie de la Grande Colombie.

 

1831

 

Lors de l'éclatement de la guerre civile néo-grenadine, le Panama se sépare pendant plus d'un an de la Nouvelle Grenade, avec l'intention de former une Confédération Colombienne, en maintenant son autonomie.

 

1855

 

L'état de Panama est créé, fédéré à la Nouvelle Grenade (Colombie actuelle).

 

1846

 

Le traité Mallarino-Bidlack signé entre Washington et Bogota autorise les Etats-Unis à construire une voie de chemin de fer.

 

3 novembre 1903

 

Le Panama avec le soutien des Etats-Unis déclare son indépendance et est reconnue en tant que République indépendante (sauf la Colombie qui ne la reconnaît qu'en 1921.

 

1903

 

La construction du canal commence et la zone du canal de Panama devient un protectorat américain.

 

  1914 

 

La canal est terminé et il est considéré à cette époque comme la " huitième merveille du monde ".

 

1968

 

Un coup d'état militaire mène le Général Omar Torrijos Herrera au pouvoir et il y restera jusqu'à sa mort en 1981.

 

1983

 

Nouvelle modification de la constitution, après celles de 1904, 1941, 1946, 1972.

 

Entre 1984 et 1989

 

Le pays est dirigé par les forces armées dirigées par le Général Manuel Noriega.

 

1989

 

Intervention des Américains au Panama.

 

1991 et 1992

 

Plusieurs tentatives de coup d'état échouent.

 

1992

 

Noriega est extradé et jugé aux Etats-Unis. Il sera condamné à 40 ans de prison.

 

1999

 

Les américains se retirent de la zone du canal (selon l'accord négocié entre les panaméens et l'administration de Jimmy Carter en 1980).

 


Emberas


Kunas


Wounaan


Ngobe




 

Les Shipibo-Conibo


 

Les Shipibo-Konibo forment un peuple d'environ 35 000 personnes établies au sein de 120 communautés, le long du fleuve Ucayali et de ses affluents en Amazonie péruvienne.

Ils appartiennent à la famille ethnolinguistique pano. Les Shipibo vivent traditionnellement de la chasse, de la pêche et de l'horticulture.

« Traditionnellement » car la déforestation de l'industrie massive du bois a pour conséquence la diminution des ressources naturelles...

Aujourd'hui et depuis déjà quelques décennies, afin d'obtenir un revenu, les femmes élaborent des objets artisanaux tels que des bijoux (colliers et bracelets) à base de graines naturelles, des toiles et des poteries recouvertes de dessins géométriques.

Mode de vie et culture shipibo sont donc en étroite symbiose avec le monde de la rivière et surtout la forêt amazonienne. La science séculaire des Shipibo-Conibo dans les domaines de la botanique et des médecines naturelles représente un véritable trésor culturel.

Dans les communautés shipibo-conibo des rives de l'Ucayali, qui serpente à travers la forêt amazonienne, la maison familiale est un petit atelier fonctionnel. Là, l'industrieuse femme indienne travaille chaque jour à la création de céramiques, de broderies ou de peintures des tissus et à leur confection.

Dans chaque cas c'est un stupéfiant témoignage de l'ancestrale culture de ce peuple. La majeure partie du talent créatif de la femme shipibo s'illustre dans la confection textile. L'ornementation colorée et dessinée constitue l'expression la plus caractéristique de cette ethnie.

On utilise des techniques très anciennes pour fixer les dessins sur les tissus. Les pinceaux sont efficacement remplacés par des éclats de roseaux ou d'os d'animaux et des arêtes de poissons.

Des pigments naturels mélangés avec de l'argile servent à l'élaboration de ces peintures. Lorsque l'on se trouve en face d'une pièce d'artisanat shipibo, en particulier pour les tracés géométriques qui sont si caractéristiques, grâce auxquels, par ailleurs, on peut facilement les identifier, il faut se souvenir que, sous une apparente ressemblance , les dessins sont chaque fois différents d'une maison à une autre.





Traduit de la Grande Encyclopédie de l'Ucayali
(article emprunté à la documentation SHANE).


Un art féminin

Grâce à l'Association SHANE nous pouvons présenter dans l'exposition de nombreuses pièces de céramiques et de tissus brodés ou peints, ainsi que des articles traditionnels de l'artisanat, des tableaux également réalisés par des jeunes peintres soutenus par l'Association.

L'objet de SHANE est de faire connaître la culture Shipibo et permettre aux nouvelles générations de perpétuer cette culture irremplaçable, aujourd'hui sérieusement menacée.

Le produit de toute vente réalisée par l'association est bien évidemment consacré entièrement au financement de projets visant à la préservation de la culture et des traditions Shipibo.

Notre expositon s'inscrit dans cette volonté.





 

LE GRAPHISME DÉCORATIF DU PEUPLE SHIPIBO-CONIBO

La pensée shipibo est métaphorique, elle procède par analogie et établit un lien étroit entre toutes choses. Les dessins qui ornent les poteries et les divers objets de leur artisanat, des broderies de leurs vêtements traditionnels à leur maquillage lors des fêtes et cérémonies, relèvent d'une représentation de maillages, de réseaux, de labyrinthes propre à leur culture. Le graphisme de l'artisanat correspond aux dessins dont est ornée la peau de l'anaconda. Pour les Shipibo, l'anaconda est à l'origine de la création et représente l'esprit de l'eau.
Dans le chamanisme de la région de l'Ucayali, on désigne les dessins des broderies et des décorations par le nom de "Ronin" qui signifie l'anaconda. On peut penser que ce symbole correspond à l'origine du vivant. Ces dessins sont très spécifiques de ce peuple de la forêt amazonienne. Transmis par imitation, de génération en génération, on pourrait penser à un langage permettant aux Shipibo de communiquer entre eux ou de se reconnaître comme appartenant à la même ethnie. Lorsque l'on regarde avec attention ces dessins très typés, lesquels sont à chaque fois différents, variés à l'infini par leurs auteurs, on est frappé par l'aspect vibratoire de l'ensemble de chaque representation. Ceci est rendu particulièrement sensible au niveau des broderies et des tissus peints qui nous font découvrir de véritables tableaux abstraits,sauf si l'artisan, et j 'aurais plutôt tendance à dire l'artiste, inclut la représentation d'un animal ou des formes géométriques précises. A l'origine, les dessins étaient tracésà angle droit, alors qu'actuellement on utilise aussi les courbes. Ces variations qu'apporte chaque personne dans la réalisation de l'ensemble de chaque décor des broderies ou des peintures reflètent bien évidemment le monde intérieur de l'artiste à travers son vécu au moment du tracé. On peut aussi penser que l'aspect vibratoire du résultat final est une résurgence du monde, ô combien mouvant et vibrant, auquel accèdent les Shipibo dans leurs visions lors de la prise de la plante psychotrope Ayahuasca, pratique pour eux assez courante, séculaire et donc inscrite dans leur mémoire cellulaire. Il est intéressant de préciser que ces dessins se font à main levée et que l'on ne suit pas un modèle préétabli, comme dans l'art de la tapisserie où l'on copie un carton, ou bien la broderie européenne où des dessins et des points sont souvent reproduits et donnent des résultats d'une grande perfection. A travers une certaine imperfection dans la réalisation des "œuvres" de ce peuple on peut en déduire une indifférence envers la perfection et une insoumission à un modèle imposé, qui rendent ces ornements frémissants de vie.


On pourrait comparer cette façon d'aborder leur art à celle des jazzmen ou de tout musicien qui improvise, qui se soucie plus de ce qu'il vit dans l'action, "du faire", plutôt que dans la recherche de perfection de l'interprétation d'une œuvre écrite, pensée par un compositeur. Ce peuple de chasseurs - pêcheurs a toujours vécu au jour le jour, préoccupé par le souci de trouver sa nourriture journalière, vivant dans l'instant présent, ne se projetant guère dans l'avenir. Sans doute que vivre dans le présent, confronté aux nécessités prioritaires de survie, aiguise l'attention à l'environnement mais aussi incite davantage à "être", plutôt qu'à se projeter dans des désirs futurs. Leur tradition est orale, que ce soit leurs chants, leurs danses, leur artisanat, leurs mythes ainsi que leur connaissance très étendue des plantes médicinales, acquise au cours de siècles d'expérience et de recherche, et c'est bien là ce qui fonde leur identité.
Ce sont les femmes qui exécutent les travaux d'artisanat (broderies, poteries, bijoux, décorations…) et de jardinage, alors que la peinture et la sculpture sont plus le fait des hommes. Dans les sociétés communautaires primitives, les femmes avaient donc un rôle de transmission du savoir et de la création, un rôle de gardiennes de la création et des créatures, tandis que les hommes avaient un rôle d'action (chasse, pêche, guerre…).Cette répartition des rôles donnait une société équilibrée. L'art de la poterie est le fait des "anciennes". A l'origine, les grandes poteries anthropomorphiques étaient des urnes funéraires. Cette situation perdure dans les communautés où les femmes gardent la coutume des travaux d'art. Mais, tout en n'étant pas considérée comme subalterne, cette place dans la société les met en porte-à-faux avec la réalité présente, dans laquelle la nécessité fait loi, et où ,bien sûr, se livrer à un travail artistique non rentable équivaut à développer une sorte de paresse, un sentiment d'inutilité. Ceci crée nombre de malentendus entre les communautés shipibo et les métis qui, en tant que réfugiés la plupart du temps, sont dans un processus d'acculturation largement entamé.


 

Hélas, le rouleau compresseur de la mondialisation risque bien de détruire tout cet acquis artistique et culturel. Certaines congrégations religieuses aident matériellement ces peuples de la forêt mais, par contre, elles dénigrent et diabolisent leur culture ancestrale sans aucun respect pour ce qui les rend fiers d'être ce qu'ils sont, alors que leur propres valeurs sont souvent proches de celles développées dans les religions. Elles développent ainsi chez eux des sentiments de honte, de culpabilité à s'exprimer par leur propre culture et leur font perdre leur identité et leur joie de vivre.
Le soir, des groupes de musiciens et chanteurs convertis se réunissent dans les églises de la communauté et, souvent, accompagnés par des guitares et des contrebasses électriques, chantent des cantiques et parfois des mélodies du répertoire traditionnel shipibo dont on a remplacé les textes originaux par des textes à fond religieux. En somme, une sorte de rock divin remplace la musique des fêtes traditionnelles et des rites initiatiques!!!
Les chants traditionnels sont souvent très poétiques avec des métaphores, de l'humour et ils expriment toute la gamme des émotions du vécu des indiens de la forêt à travers un répertoire très riche. Berceuses, chansons d'accueil, de fête, chants de guérison, d'amour, de travail, de louange à la nature ou à la joie de vivre. Très souvent les textes, en rapport avec le contexte (accueil, fêtes, berceuses, etc…) sont improvisés et expriment l'imaginaire de chacun.
Le drame est que toute tradition orale qui n'a pas été préservée de disparition par l'écrit est appelée à disparaître définitivement, or si cette tradition est celle des Shipibo , elle fait aussi partie de notre patrimoine mondial. En cela il est urgent de prendre en compte la préservation et la valorisation de ces richesses culturelles.
Par ailleurs , la culture traditionnelle du peuple Shipibo-Conibo sert de fondement à la culture moderne de l'Amazonie. Dans La Grande Encyclopédie de l'Ucayali est émit l'hypothèse que le système culturel complexe des indiens d'Amazonie serait essentiellement chamanique et que la clef de voûte de ce système serait l'Ayahuasca, la plante mère de toutes les plantes médicinales de la Selva.
Dès l'aube du peuplement amazonien les cultures et civilisations anciennes font interagir le monde matériel avec le monde spirituel avec comme intermédiaire et comme stimulant l'Ayahuasca.

Ainsi naquirent rituellement les mythes des origines, les chants et les danses, la pensée et la connaissance indigène sur la nature à travers la perception du génie des plantes sacrées, entre autres l'ayahuasca, la chacruna, le chuchuhuasi et bien d'autres plantes médicinales et psychotropes. Dans cette matrice se développent toutes les possibilités d'un art et d'une culture amazonienne. Pour les artistes et les créateurs actuels de Pucallpa ou de la région de l'Ucayali, le point de départ est cette matrice Shipibo-conibo, sans exclure d'autres sources indigènes. Mais cette source d'inspiration n'est qu'un point de départ, seulement un référent culturel et artistique et, en aucune manière un modèle à imiter. On peut imaginer, pour un peintre, la stimulation provoquée par l'investigation, la connaissance, la révélation de toute la technique ancestrale des arts de la poterie et des tissus brodés ou peints des Shipibo- Conibo. Les femmes indiennes ont une inspiration de source magique , selon l'explication du chaman Guillermo Arevalo : "Les Shipibo-Conibo non seulement apportent à la création de la culture amazonienne moderne leur extraordinaire connaissance et compréhension de l'écosystème fluvial mais encore la représentation
de cet univers dans sa dimension symbolique… " En accord avec cette version la légende dit qu'un couple qui fonda la race Piro vint de la région de l'Urubamba et apprit aux femmes shipibo à tisser et à broder. Il existe une connaissance ancestrale, qui se pratique toujours, qui est celle de l'utilisation d'une des 60 variétés de piripiri, une autre plante médicinale. Selon la tradition, les mères mettent une goutte de piripiri dans les yeux de leur fille dès la naissance. Le piripiri ayant un esprit mère, en tant que plante maîtresse, donnent aux petites filles
des songes d'oiseaux, d'anacondas, de fleurs et d'étoiles avec tout le bestiaire symbolique et les tracés linéaires qui apparaissent ensuite sur les céramiques et les tissus. Ce graphisme est un des traits distinctifs des shipibo". D'autres caractères distinctifs sont à noter tels que : l'ignorance de l'usage du hamac, le port par les hommes de grandes tuniques de coton décorées et la déformation crânienne par aplatissement du front dès la naissance ".


Les chants

 

L'ethnomusicologue Bernd Brabec de Mori nous donne ces précisions: Au niveau de la forme des chants de ce peuple on peut en distinguer trois catégories:
1/ Masha (chant dansé en groupe circulairement). L'ultime phrases de la strophe se répète obstinément, parfois en accélérant à la fin.
2/ Shiro bewa (chant solo ou en groupe). Chant de "bonne vie", en buvant le masato, sur l'amour, sur des drôleries. Une forme spéciale est "kopiananti": deux personnes (ou deux groupes) se répondent l'une à l'autre, parfois en improvisant, parfois en s'insultant par des plaisanteries.
3/ Bewa (chant seul). Bewa a plutôt le caractère de la romance, chanté en solo. Certains chanteurs ont la capacité d’improviser en rimes sur les circonstances ou les lieux qui les inspirent : par exemple : « un couple m’a amené pour célébrer la douceur », « écoutez bien mon chant pour vous souvenir quand je ne serai plus là »… Les "Icaros" sont des chants de guérison appris à travers les visions, les rêves ou par transmission orale et font partie de cette catégorie.

 


 


 

 

 

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San Cristobal de las casas

du groupe El Facteur, sur l'album Les grenouilles
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RENE PETILLON - BD et illustration de presse - rue des Vinaigriers 75010 Paris

 

LUCE - chanteuse - Rue des Vinaigriers, 75010 Paris

 

LA BAÏTA - Maroquinerie - Rue des Vinaigriers, 75010 Paris

 

SONIA DUBOIS - comédienne - quelque part dans le quartier

 

Tous autres les professionnels de la rue des Vinaigriers

 

 

Les « anciens » Vinaigriers

 

La petite façon - Linge de lit bébé - 25 rue des Vinaigriers 75010 Paris

 

Comme une fleur/La galerie végétale - Fleuriste, galerie - 29 rue des vinaigriers 75010 Paris

 

Santa Sed - FERME !!! - 32 rue des Vinaigriers 75010 Paris   


Nad Look - Coiffeur-Coloriste - 55 rue des vinaigriers 75010 Paris 

 

LE BISTROT DES FAUBOURGS - Restaurant - 55 rue des vinaigriers 75010 Paris  


Lady Fitness - Club de gym pour femmes - 47 rue des vinaigriers 75010 Paris  


Marco Polo de Paris - articles de voyage et de maroquinerie - 30 rue des Vinaigriers 75010 Paris


Les voisins des Vinaigriers, à deux pas...


 

LE MANOIR HANTE - Sensations - 18 rue de Paradis, 75010 Paris 

 

LA BIDOUILLE - commerce équitable & ateliers pour enfants - 13 rue des Récollets, 75010 Paris

  

POTERIE ET COMPAGNIE - céramique à la vente et animation - 3 cité Riverain, 75010 Paris


BOB'S JUICE BAR - bar bio et végétarien -15 rue Lucien Sampaix, 75010 Paris

 

PETITS PLIS - Bijoux Origami - Rue des Recollets, 75010 Paris

 

LE TAMANOIR EST BLANC - Pâtissier-traiteur - 71 rue du Fb St Martin, 75010 Paris


YAZOUE - Coiffure « studio » à domicile - 75010 Paris


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